Là. C'est un vide, un vide immense qui se creuse, triste éffigie d'une tombe que l'on déplore d'arriver avant l'âge. Il s'étend sous mes pieds à l'image d'une ombre au soleil mais qui, fatalement, n'en possède que la noirceur. Je me prends à en vouloir à la Terre. Cette terre si ingrate. Elle me glisse entre les doigts telle un amat de poussière et puis, furtivement, me déposède sans ménagement de mes quelques pauvres certitudes qui, inexorablement, s'envolent au loin, glissant le long des litanies affolées de mon coeur sans que je ne puisse les retenir. Sans que je ne puisse m'y opposer, immobile dans toute ma superbe impuissance. Une languissante apathie emprisonne mes sens, les oppresse, les tourmente, et les envoie valser ; et ne me laisse que mon âme pour parer les revers... Mais ! Me renverse. Et je finis mon temps, du sable dans les yeux, de ce Morphée avide, dont les bras me rejettent. C'est comme une claque d'ironie qui résonne dans mon crâne, une cruelle injustice qui me mord la langue. Et c'est là, le souffle encore court, que ma mémoire m'assaille et sur ses rives m'emportent, sur son courant m'attaque ; à coup de rêves et de souvenirs, qui par accoups jaillissent dans le moindre de mes soupirs. Emmenée loin de la digue de ma conscience, je finis par me perdre dans les limbes de ma vie, et puis je songe, un instant, à ce monde alentour, pour me rendre enfin compte qu'il ne m'apportera aucun secours. Car les liens se tissent et se déroulent, tout comme ils cassent ou se coupent, et là, sur le fil du rasoir, j'entrevois le gouffre vers lequel je tends. Et j'erre, j'erre longtemps, engourdie dans le froid d'une mélancolie qui m'enveloppe. Et ce fil tremble sans que je n'en vois le bout, mais sur les bords de ma raison je ne sais plus si c'est une bonne ou une mauvaise chose. Et, pour en finir, ce n'est finalement que la première larme, qui m'ouvre les portes du repos de l'âme... Et tombe.
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# Posted on Tuesday, 25 August 2009 at 7:13 PM

Nous sommes la Génération Cancer, avec nos rêves morts dans l'oeuf, nos corps souillés intoxiqués jusqu'à la moëlle, ...Nous sommes les enfants de la Désillusion.

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Il fut un temps où tout semblait simple. Ou quand on lançait une pierre, on risquait pas de se prendre une balle dans la tête. L'Homme fut-il un jour libre ? N'est-il pas en permanence coincé entre les pages de son Histoire sans savoir quoi faire, sans pouvoir rien faire, rien d'autre que contempler un monde en feu, et le regarder brûler ? Et les politicos, parlons-en des politicos : injections léthales personnifiées. Du combustibles, de la chair à canon, des guignols de l'infos qui remuent les braises avec leurs sourires en banane, pendant qu'on nous parle de trous dans la couche d'ozone et qu'on fait des films de la Terre, ses beautés, ses cicatrices, pour nous solidariser. Fumée, encore un écran de fumée, ce ne sont que des images avant qu'elle ne disparaisse ; un message d'Espoir, mais vous êtes sérieux ? Où est l'Espoir, là dedans ? L'Espoir est démodé, aujourd'hui. De nos jours, soit on vit de cigarettes et de chance bancale, soit on crève dans un cocon de soie dorée. Mais on ne vit pas d'Espoir.
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# Posted on Monday, 22 June 2009 at 4:53 PM

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Je ne sais pas, je ne sais plus. Comment j'en suis arrivée là, devant cette page blanche ? A quel moment le douloureux désir d'écrire à supplanter l'immuable besoin de silence ? Je n'en sais rien.. Mais je suis là, mes doigts tremblants sur le clavier. Moi et mes pensées confuses et immorales, nous avons atterit ici. Le besoin d'y revenir ne s'était plus fait depuis un moment ; était-ce parce que j'étais bien, ou parce que j'avais trouvé autre chose, allez savoir. Mais cela a repris le dessus : ici, maintenant, écrire, éteindre les mots qui me brûlent la langue en les jetant à la figure du Monde. ..Du monde ? Non. D'un mirage, d'une illusion, d'un lien perdu au milieu de nulle part, dans un néant illimité de connexions. Au fond, je sais : l'inutilité de ce geste pourtant libérateur. Ils sont lâchés, ils sont libres, ils sont là, ils voguent, enfin : ils me laissent. S'ils me tourmentent, ils sont bridés dans cette page immaculée, ils l'habitent.. A ma place.
C'est un bien tellement immense de ne plus être seule à les détenir. ..Qu'on me lise ? Indifférence. Tout est dans l'action, tout est dans la symbolique, tout est dans le déplacement d'idées, le changement de main, la rédaction d'un texte remplaçant les pensées.
Juste lâcher. Lâcher prise, revenir sur ses pas, par mots, par brides, de souvenirs, de devenir.. Avenir ? J'y crois.. Ou pas. Pourquoi ?.. Parce que. Quoi ? Lui, Elles, Moi.. Moi, ce moi coincé entre deux temps, deux instants, deux réalités. Laissée.. Laisser aller. Bien ? Peut être. J'espère.. Ou pas.

Nicotine, j'ai envie de Nicotine.
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# Posted on Wednesday, 27 May 2009 at 4:16 PM

Edited on Monday, 22 June 2009 at 4:35 PM

Think I'll walk me outside and buy a rainbow smile but be free, and all free.

________J'ai cette pensée étrange qui taraude mon esprit quand je lève les yeux vers le ciel, et que je me dis " j'aimerais être comme cette fumée " : piquer la gorge, éclipser l'oxygène, éroder l'intérieur, procurer un bien-être oxymorique, et m'échapper au creux de lèvres avant de monter vers les étoiles...
Maybe Tomorrow.

# Posted on Friday, 17 April 2009 at 8:44 PM

Edited on Monday, 22 June 2009 at 4:34 PM

I'm sitting up writing down these things I sometimes dream about_

« _Il recula en titubant, ses beaux yeux verts, d'ordinaire si tendres, tristes à fendre l'âme plantés dans les miens, secoué. Ca y est, il savait. Il savait tout, j'étais libérée, et il allait enfin pouvoir me laisser, cette fois comme il se devait : pour toujours. Il vacilla, comme si mon regard l'avait soumi à la force de l'impact d'une balle, puis, alors que je croyais que, ainsi blessé, il allait s'enfuir loin du monstre que j'étais en courant, il fondit sur moi. Ses bras m'enserrèrent et sous son corps meurtri, je sentais son coeur cogner avec force. Sa voix résonna alors au creux de mon oreille, bien plus douce que je ne l'aurais imaginée :
" Pardonne moi. "
Il se recula et son expression perdue me serra le coeur, provoquant de nouveaux sanglots incontrôlables. A travers mes larmes, je vis sa silhouette qui s'enfuyait dans la nuit, floue mais dont la simple image dégageait une puissance remarquable qui m'ébranla plus que je le pensais. Là, sur le pas de ma porte, j'avais du mal à réaliser ce qu'il venait de se produire. Je lui avais balancé au visage tellement d'horreurs ; comme se faisait-il que je me sentais mieux ? J'éprouvais le sentiment d'être enfin vivante, entière, tant d'émotions se libérant et déferlant en moi, et à la fois déchirée, ne refoulant plus la sensation de manque qui résultait de cette si longue période où nous n'étions plus que des ombres de nous mêmes. Pourtant, je ne me sentais nullement coupable, j'avais l'impression d'avoir toujours su que ce jour viendrait, et maintenant que c'était fait, je m'en retrouvais pantelante... Mais bien. N'était-ce pas tout de même un comble que ce soit justement ce soir là que j'eus l'impression de le retrouver, pour la première fois, depuis si longtemps ?... _»
CONSCIENCE, extrait de mon roman.

# Posted on Monday, 30 March 2009 at 2:04 PM

Edited on Monday, 30 March 2009 at 5:52 PM